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2859402530 1 Des jeunes en crise d'identité ou crise sociale?



De nos jours, l'entrée du jeune dans notre société d'adultes en tant que citoyen actif à part entière se fait plus difficilement qu'autrefois. Actuellement, la situation économique induit souvent un état intermédiaire d'inactivité, source de mal-être et donc de déviance.


L'adolescence est une phase de transition importante et mal comprise à Djibouti. Le jeune est en pleine recherche d'identification avec assimilation et mimétisme d'un héros, le plus souvent pris parmi des « stars » et qui deviennent ses références. Dans certains cas, il y a un mimétisme du « grand frère » : pour les plus jeunes, les héros sont les caïds de la cité.

Visiblement, dans leur rôle de responsabilité,  les personnalités publiques ont échoué dans le transfert de certaines valeurs humaines et de citoyenneté. Néanmoins, le prestige social est aujourd'hui davantage lié à l'argent et aux valeurs matérielles qu'au rôle que l'on joue au sein de la collectivité. La construction de l'individu ne s'effectue plus par rapport au groupe et donc au rôle qu'il devra y tenir, mais par rapport à la satisfaction de désirs immédiats, que certains sont prêts à assouvir par la violence. La construction du citoyen est par conséquent mécaniquement en crise.

L'adolescence est une période de dépréciation de soi. Cela peut amener le jeune à prouver qu'il existe par la violence.

L'adolescence est aussi et surtout la période du déni, du refus du cadre et des règles de la société avec un besoin de transgresser. Une grande importance est en revanche accordée à l'avis et au comportement des pairs et des modèles.

Mais si notre période est celle du déni systématique elle est également celle de l'engagement, de l'adhésion aux grandes causes, humanitaires, sociales, environnementales. C'est sur ces valeurs qu'il convient de s'appuyer pour motiver les jeunes et ainsi les placer en situation de réussir.

Les facteurs individuels :

La cellule familiale, premier cercle de construction de l'individu

Même si elle ne peut seule être tenue pour responsable, une carence familiale sous-tend fréquemment des problèmes de violences. La famille est le premier lieu d'éducation et de socialisation de l'enfant. Ce devrait être le premier cercle de structuration.

Mais, de nos jours, la cellule familiale est souvent déstabilisée : réduction du temps consacré aux enfants, absence des parents, disparition de l'autorité paternelle, voire parents contre-modèles ou voir, par une situation familiale critique telle que la monoparentalité dont la mère et souvent démunie de tout soutien.

L'apprentissage de la violence peut aussi se faire à travers les violences intra familiales.

Un facteur plus endogène : la personnalité du délinquant 

Il existe des facteurs de risque de délinquance chez le jeune. Le jeune dépressif peut fuir vers la mort physique en passant à l'acte par des méthodes de suicide “traditionnelles” ou bien, il peut plonger dans une mort sociale en exprimant sa violence par des actes antisociaux, lesquels sont en réalité la traduction d'un mal-être profond et d'un besoin de communication.


Cause et parfois conséquence de la délinquance : le problème de la drogue 

L'usage de la drogue chez un mineur est un facteur d'inadaptation parmi d'autres. À la fois cause et conséquence du mal-être des jeunes, les consommations régulières de tabac et d'alcool, du khat sont des facteurs de risques de toxicomanie par recherche de sensations toujours plus vives. Le besoin d'argent pour acheter la drogue pousse aux vols avec ou sans violence et de plus, l'emprise de la drogue entraîne une altération profonde de la personnalité qui pousse à la récidive. Ce problème de toxicomanie soutient également l'activité de certaines bandes qui vivent de ce trafic et entretiennent ainsi une véritable économie parallèle.


Les facteurs organisationnels et environnementaux :

L'éducation : pierre angulaire de l'harmonie sociale :

Selon l'étude du PNUD, notre système éducatif déplore, 48% des déperditions après six années d'études, un taux d'analphabétisme global de 48%, le manque de qualification du personnel, un taux moyen de chômage estimé à 61% , plus de 92% des 15 à 19 ans sont chômeurs, de même que près de 80% des jeunes de 20 à 24 ans . Ainsi, tous ces jeunes se retrouvent plus facilement en situation d'échec sociale, situation qui fait le lit de la délinquance et de la violence.

L'échec scolaire est en corrélation directe avec la déscolarisation des mineurs et par l'absence des projets sociaux alternatifs. L'inadaptation scolaire habitue à vivre en marge des règles sociales, l'apprentissage se fait alors dans la rue, parfois au contact de plus grands ayant eux-mêmes connu l'échec scolaire. 

Pourtant l'école est un lieu d'instruction et de socialisation ; c'est l'antichambre de la société adulte. Par ailleurs, tout comme l'autorité du père, le respect du professeur risquerait d'être aboli un jour proche, si rien n'est fait. Car pour un jeune en voie de marginalisation, l'enseignant pourrait être vu comme un simple représentant d'une institution ou de la société qu'il rejette.

Un facteur aggravant : l'urbanisation 

L'architecture et l'insalubrité de certains quartiers même s'ils ne sont pas seuls responsables des actes directs de violence, elles y sont contributrices d'une manière générale. Il y a dans les quartiers une forte concentration de jeunes déscolarisés et d'adultes inactifs qui crée un climat de forte tension. Dans les grands ensembles de quartiers, la densité de population et la proportion importante de la classe d'âge 12-25 ans, font que l'agressivité est omniprésente et l'exporte en dehors des périmètres habités comme c'est souvent le cas.

Toutefois, les conditions socio-économiques ne sont qu'une composante parmi d'autres facteurs de délinquance et de la violence de jeunes.

Une socialisation plus délicate : les jeunes issus de l'immigration 


Par ailleurs, il est important de souligner et de prendre en considération, l'intégration sociale des enfants d'émigrés à Djibouti et qui doit se faire par l'école. Notre système scolaire manque de  base d'intégration, et manque crucialement de vision éducative pour promouvoir les valeurs collectives et hmaines. Les jeunes Djiboutiens, principale préoccupation de "Républicains Solidaires" n'ont aucune alternative et les pouvoirs ont faillit à leur mission afin que ces jeunes ne plongent pas dans un système qui les mènerait vers l'isolement communautaire, voire vers l'intégrisme religieux, les bandes organisées ou vers la grande criminalité.

Le chômage :

On constate une forte augmentation de la violence des jeunes issus des quartiers où le taux de chômage est important, où il y a une forte immigration, où les familles sont souvent nombreuses, où la population des moins de 20 ans est presque majoritaire. 

Cependant si le chômage joue indéniablement un rôle, il y a surtout une perte des repères : le bon exemple n'est pas donné par la société des adultes. La situation de précarité dans laquelle se trouvent souvent les familles, contribue et contribuera fortement à la carence éducative, tant que les pouvoirs publics ne répondront pas concrètement à la diminution de la pauvreté et qu'ils ne les outilleront pas les parents par une politique d'accompagnement et de prévention de leurs enfants.

La violence urbaine s'observe dans la plupart des sociétés modernes. Cependant, les manifestations comme les causes de cette violence varient d'une société à l'autre, donc il est faux de croire que la violence urbaine à laquelle on assiste à Djibouti, ne serait que la transposition de la situation que connaissent les pays développés, dont les causes sont dues aux seuls médiats. A Djibouti, la violence de jeunes exprime plutôt, non seulement l'existence d'un malaise sociale en général (chômage, précarité..), mais aussi celui du jeune dans la société et de sa perte de confiance dans les institutions par l'absence des politiques d'intégration et de justice sociale.

Contrairement au gouvernement actuel, qui  préfère la répression face à la jeunesse, qui peut être à la longue un facteur risque d'implosion sociale, RS propose des objectifs clairs, permettant de construire une politique de prévention juvénile renforcée et susceptible de mobiliser tous les acteurs dans la même direction, tant au niveau national que local afin d'éviter la constitution des zones de non droit tout en répondant au problème de l'emploi, de la formation et de l'insertion

Face à cette problématique de la violence, de crise identitaire et sociale, la répression comme unique alternative par le gouvernement, traduit l'archaïsme institutionnel en dépit des politiques sociales attendues qui peut entrainer, voir précipiter une implosion sociale.

Pour comprendre un tel cheminement qui a conduit le jeune à des pratiques de la violence, nécessite à la compréhension de son parcoure personnel et la connaissance de son environnement social afin d'apporter une meilleure analyse de la situation et combler les carences de l'action publique, éducative et familiale . Sans la recherche des principaux facteurs de risque de violence chez les jeunes, comme les facteurs individuels, de l'influence de la famille et des amis ou encore, les facteurs sociaux, politiques et culturels, rendra impossible toute action concrète en leur direction.

Dans un rapport officiel de l'Assemblée générale sur la jeunesse en 2005, , il est noté que "trop souvent, les politiques de jeunesse sont motivées par des stéréotypes négatifs de jeunes, incluant la délinquance, l'abus des drogues et la violence. Ce qui semble être oublié, c'est que les jeunes sont une force positive pour le développement, la paix et la démocratie". 

Pour mieux appréhender la crise sociale, il serait judicieux de rechercher les causes lointaines, les causes proches et les causes immédiates qui peuvent servir de déclencheur d'un cataclysme social.

La situation économique du pays, la surdité et l'aveuglement des pouvoirs publics, l'absence des actions concrètes, restent des facteurs contributeurs et agissent directement à la détérioration du tissu social: chômage, pauvreté, misère, insécurité, les coupures d'eaux et d'électricité sans oublier les conditions de vie des étudiants qui se dégrade de plus en plus.

Dans une telle situation de frustration, la visibilité constante de l'inégalité sociale accroit le mécontentement des populations, notamment les jeunes qui sont la catégorie sociale la plus touchée par les conditions sociales de vie difficile.

Au vu de la situation actuelle que traverse aujourd'hui la République de Djibouti, et comme l'a reconnu explicitement le Président de l'Assemblée Nationale lors de son discoure du 4 mars 2010, le gouvernement tout entier  a failli à ses missions.

 

                                           Le pacte social et de redynamisation 

 

« Le Pacte social et de redynamisation » comme pacte de relance, servira d'un cadre de référence pour une meilleure fluidité de la gestion des zones que concentrent les difficultés sociales, puisqu'autour s'articuleront: l'éducation, la santé, le renouvellement urbain, l'emploi, l'insertion, la culture, le développement économique, la prévention sur la délinquance et la citoyeneté afin de mieux  répondre aux maux auxquels sont exposés nos quartiers et nos jeunes.

 Dans une telle situation d'urgence,  le Mouvement des Républicains Solidaires, propose un « plan de relance de l'ascenseur social », par la mise en œuvre "d'un pacte social" notamment pour redynamiser nos quartiers  afin de rétablir une « justice sociale ».le Mouvement des Républicains Solidaires, veut s' inscrire dans une nouvelle dynamique dans le processus de lutte contre la pauvreté et notamment celle de notre jeunesse, pour rendre possible tout espoir et mieux accompagner le grand chantier de notre politique sociale.


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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 18:17
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